Lomé accueille ce 18 avril une réunion de haut niveau sur la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel 2026–2028

Ce 18 avril 2026, Lomé sera au centre des discussions régionales avec l’organisation d’une Réunion de Haut Niveau sur la Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel (2026–2028).

La rencontre se tiendra au Palais des Congrès sous le haut patronage du Président du Conseil, Faure Gnassingbé.Cette initiative s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et des transformations géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Elle vise à adapter l’engagement du Togo au Sahel et à renforcer la coopération entre les pays sahéliens et ceux du Golfe de Guinée.

La réunion permettra de présenter les grandes orientations de la nouvelle stratégie togolaise pour le Sahel, en mettant l’accent sur la stabilité, la paix et le développement. Elle offrira aussi un cadre d’échanges entre les États du Sahel, les organisations régionales et internationales, ainsi que la société civile.

Le Togo entend ainsi consolider son rôle d’acteur clé dans la promotion de la paix et de la stabilité dans l’espace sahélien.

Les pays de l’AES se passent de la CPI : Que dit le droit international ?

Le droit international, à travers le Statut de Rome qui fonde la Cour pénale internationale (CPI), précise qu’un État qui décide de se retirer reste lié au traité pendant encore un an après avoir notifié officiellement sa décision au Secrétaire général de l’ONU. Durant ce délai, la CPI conserve donc sa compétence pour enquêter sur les crimes commis sur le territoire de cet État ou par ses ressortissants, et les procédures déjà ouvertes ne peuvent pas être annulées. Autrement dit, un retrait ne peut pas être « immédiat » en droit, et n’efface pas les obligations nées avant son entrée en vigueur.

Malgré ce principe clair, le 22 septembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé conjointement qu’ils quittaient la CPI « avec effet immédiat ». Ces trois pays, regroupés dans l’Alliance des États du Sahel (AES), considèrent que l’institution incarne une justice « sélective » et « néocoloniale », incapable de juger équitablement les crimes graves comme les génocides, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre. Pour eux, il est temps de mettre en place des mécanismes judiciaires propres, adaptés aux réalités africaines et échappant à toute influence étrangère.

En choisissant cette voie, les pays de l’AES rejoignent la position des États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome. Le message est donc politique autant que juridique : ils veulent s’affirmer comme pleinement souverains et refusent toute dépendance à une justice internationale perçue comme injuste. Après leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de rupture avec les structures considérées comme contrôlées par l’Occident.

Cette décision provoque déjà de nombreuses réactions. Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent d’un recul dans la lutte contre l’impunité, alors que le Sahel est une région marquée par des violences récurrentes contre les civils. De leur côté, les partisans du retrait y voient un acte de souveraineté et une étape vers une véritable indépendance judiciaire africaine.

Le départ annoncé des pays de l’AES de la CPI illustre ainsi la tension entre le cadre juridique international, qui impose une procédure claire, et la volonté politique de ces États de s’affranchir rapidement d’une institution qu’ils jugent hostile. Les prochains mois diront si leur décision sera reconnue par la communauté internationale et comment elle sera appliquée en pratique.