Togo- Justice / Cinq magistrats admis au grade hors hiérarchie

Au titre des décisions issues du conseil des ministres du 25 février 2026, un décret portant admission en grade hors hiérarchie de magistrats a été adopté.

Conformément à la loi organique du 21 août 1996 modifiée, cinq magistrats ayant franchi les trois grades de la hiérarchie judiciaire ont été élevés à ce rang, après validation par le Conseil supérieur de la magistrature.
Cette promotion marque la reconnaissance de leur expérience et de leur parcours dans l’appareil judiciaire togolais.

Avec cette décision, le gouvernement entend consolider l’indépendance et la stabilité de la magistrature, pilier essentiel de l’État de droit.

Togo/ Une commission d’enquête mise en place après des informations sur des enlèvements présumés

Le ministre de la Sécurité, le Colonel Calixte Batossie MADJOULBA, et le Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Pacôme Yawovi ADJOUROUVI, ont annoncé l’ouverture d’une enquête suite à des informations relayées sur les réseaux sociaux concernant de supposés cas d’enlèvements et de disparitions de jeunes.

Selon le communiqué, une commission spéciale d’enquête est en place depuis le 24 janvier 2026. Elle travaille sous le contrôle du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Lomé afin de vérifier et d’élucider chaque cas signalé.

Les autorités précisent que toutes les affaires publiées en ligne sont examinées. Elles rappellent également que la diffusion de fausses informations ou les dénonciations calomnieuses sont punies par la loi. Toute personne disposant d’informations fiables est invitée à contacter les services de sécurité ou le numéro d’urgence 1014.

Le gouvernement appelle la population au calme, à la retenue et au discernement dans le partage des informations. Il indique que la surveillance et les patrouilles ont été renforcées dans les zones à risque, avec une collaboration accrue des autorités locales pour assurer la protection des citoyens.

Togo / Libération des détenus et réinsertion sociale : Un enjeu majeur pour la sécurité et la cohésion sociale

La libération des détenus est une étape importante dans le fonctionnement de la justice. Après avoir purgé leur peine ou bénéficié d’une mesure de libération, ces hommes retrouvent la société avec l’espoir de recommencer une nouvelle vie. Mais cette étape sensible nécessite un accompagnement sérieux pour éviter les risques de récidive. La réinsertion sociale reste un défi majeur. Beaucoup d’anciens détenus sortent de prison sans emploi, sans logement stable et parfois sans soutien familial.

Dans ces conditions, la tentation de retomber dans de mauvaises pratiques devient forte. La société se retrouve alors confrontée à des situations qu’elle aurait pu prévenir.

L’interpellation récente d’un ancien détenu, libéré en décembre dernier et de nouveau impliqué dans une affaire de vol, illustre cette réalité. Ce cas montre surtout les limites de l’absence de suivi après la sortie de prison. Il ne s’agit pas de remettre en cause les décisions de libération, mais plutôt de souligner l’urgence d’un encadrement social efficace.

La mise en place d’un mécanisme de réinsertion est indispensable. Un suivi social, une orientation vers des formations professionnelles, un accès à l’emploi et un dispositif de surveillance adapté permettraient de mieux accompagner les anciens détenus. L’objectif est de les aider à s’intégrer durablement tout en garantissant la sécurité des populations.

La réinsertion sociale n’est pas seulement une affaire de justice. Elle concerne toute la société. Investir dans l’intégration des anciens détenus, c’est réduire la récidive, renforcer la sécurité et favoriser une paix sociale durable.

Togo- Affaire Grâce Koumayi une mise au point ferme de la gendarmerie nationale

Alors que des rumeurs affirmant que Grâce Koumayi aurait été victime de viol ont envahi les réseaux sociaux et certains médias, la gendarmerie nationale s’est enfin prononcée et a livré sa version des faits ce 21 novembre 2025. Dans un communiqué rendu public le même jour, l’institution est revenue en détail sur les circonstances de l’arrestation de la jeune femme ainsi que sur les accusations qui alimentent la polémique depuis plusieurs jours.

La gendarmerie explique que Grâce Koumayi a été arrêtée le 3 octobre 2025 pour avoir diffusé des contenus jugés dangereux pour la sécurité intérieure. Selon l’institution, les vidéos qu’elle publiait appelaient à la haine et incitaient à commettre des actes graves contre des hautes autorités de l’État. L’affaire est actuellement instruite par les autorités judiciaires compétentes.

La gendarmerie dément également les rumeurs selon lesquelles Grâce Koumayi aurait subi un viol ou des traitements inhumains lors d’une précédente interpellation le 6 juin 2025. Elle rappelle qu’après sa présentation au parquet le 10 juin 2025, elle avait été remise en liberté le même jour après un simple rappel à la loi, tout comme d’autres personnes interpellées. Malgré cet avertissement, elle aurait continué, selon l’institution, à diffuser des messages subversifs et à organiser des réunions publiques non autorisées.

La gendarmerie précise que durant sa garde à vue au groupement de Lomé, Grâce Koumayi et les 31 autres personnes détenues, dont 9 femmes, ont reçu la visite de la Commission nationale des droits de l’homme. La délégation, selon le communiqué, s’était déclarée satisfaite des conditions de détention. L’institution ajoute qu’à aucun moment ni pendant la garde à vue, ni lors de sa présentation au parquet, ni devant le magistrat instructeur, et même en présence de ses avocats Grâce Koumayi n’a évoqué un viol ou un mauvais traitement.

Pour conclure, la gendarmerie nationale réaffirme son engagement à respecter les droits humains et les règles légales en vigueur. Elle appelle la population à la vigilance face aux manipulations circulant en ligne et assure que toutes les allégations feront l’objet de vérifications rigoureuses. Elle rappelle enfin que le Togo demeure un État de droit où le dossier se poursuit dans le calme et la sérénité judiciaire.

Les procès des anciens dirigeants au Gabon menacent-ils l’alternance politique en Afrique ?

Les procès publics des proches de l’ancien pouvoir au Gabon, notamment ceux impliquant des figures de l’administration de l’ex-président Ali Bongo, soulèvent une question cruciale pour l’avenir politique du pays et de l’Afrique en général. Si ces actions visent à faire justice et à exposer les abus du passé, elles risquent aussi de nuire au processus démocratique en renforçant la peur de l’alternance et en incitant les dirigeants actuels à se maintenir au pouvoir à tout prix.

Les procès qui se déroulent actuellement au Gabon, où plusieurs anciens alliés de l’ex-président Bongo sont accusés de corruption et de détournement de fonds, sont parfois perçus comme une manière pour le régime actuel de marquer son autorité. Mais en réalité, ces procès peuvent devenir des instruments de répression et de rétribution plutôt que des symboles de justice et de réconciliation. En exposant publiquement les erreurs du passé, on risque de créer un précédent dangereux où les dirigeants actuels pourraient percevoir la perte de pouvoir comme une menace directe à leur sécurité personnelle et à leur statut.

Cela peut entraîner un renforcement de la longévité des dirigeants au pouvoir, car ces derniers, craignant d’être jugés de manière similaire un jour, préfèrent se maintenir à tout prix. Ce phénomène pourrait rendre l’alternance politique encore plus difficile dans les pays africains, où la transition vers des démocraties stables est déjà un défi de taille. Lorsque les dirigeants croient que leur maintien au pouvoir est le seul moyen de se protéger, cela empêche la création d’institutions solides et la mise en place de mécanismes démocratiques.

De plus, ces procès publics peuvent facilement se transformer en un jeu de pouvoir, où les régimes en place les utilisent pour détourner l’attention des problèmes urgents comme la corruption systémique ou les inégalités sociales. Au lieu de favoriser une véritable justice, ces procès peuvent devenir un outil pour manipuler l’opinion publique et discréditer les opposants politiques. Ils risquent aussi de renforcer les divisions ethniques et politiques au sein du pays si l’on a l’impression que les accusations sont sélectives ou manipulées.

Finalement, ces procès risquent d’être contre-productifs pour la démocratie. Ils renforcent la peur et la méfiance entre les dirigeants et les citoyens, ce qui rend encore plus difficile la mise en place d’un système démocratique véritablement respectueux de l’alternance politique. Pour que les pays africains connaissent une véritable transition démocratique, il est essentiel de réformer les systèmes judiciaires afin qu’ils soient indépendants, impartiaux et qu’ils ne servent pas d’instruments politiques. La démocratie ne doit pas être réduite à des procès publics, mais à un processus où le pouvoir peut changer pacifiquement sans crainte de représailles.