CCESP/ BTP au Togo : L’État ne va plus tolérer l’amateurisme sur les chantiers

Les entreprises des Bâtiments et Travaux publics (BTP) jouent souvent un rôle crucial dans le développement infrastructurel des pays.Malheureusement, au Togo, ce secteur d’activité donne une image peu reluisante. Cela se manifeste par plusieurs constats, à savoir : le manque de compétences sur le terrain alors que les prestations sont facturées à l’État, l’abandon des travaux après quatre mois d’exécution, ou encore des réalisations faites à 70 % au lieu de 100 % après l’échéance de la date de livraison du projet.

Face à cette réalité, le gouvernement a décidé de définir de nouveaux paradigmes pour un travail plus sérieux. C’est dans ce contexte que, ce 12 février, a été organisée la rencontre sectorielle des acteurs du bâtiment et des travaux publics avec l’État par le Comité de Concertation État-secteur privé.

Plusieurs acteurs du bâtiment et des travaux publics ont répondu présents à cette rencontre, dirigée par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Barcola, en présence du ministre délégué chargé des Infrastructures, Sani Yaya, et du ministre de l’Urbanisme, Kodjo Adedze.

Pour le ministre Barcola, au cours des cinq dernières années, le gouvernement a mobilisé environ 3 000 milliards de FCFA d’investissements publics, dont une partie importante destinée aux infrastructures. Selon lui, ces investissements traduisent une vision à long terme et une volonté politique affirmée de bâtir une nation moderne. Malgré ces efforts, les constats ont mis en évidence plusieurs insuffisances préoccupantes, notamment des retards significatifs et des dépassements de délais.

De leur côté, les acteurs du BTP ont évoqué des difficultés rencontrées une fois le projet acquis, comme le manque d’accompagnement de l’État. Parfois, les entreprises exécutent les chantiers sur fonds propres, ce qui ne les arrange pas. À cela s’ajoutent des marchés octroyés de gré à gré à certaines entreprises arrivées dans le domaine par opportunisme.

Ainsi, à travers cette rencontre, il s’agit de renforcer les mécanismes de sanction des entreprises titulaires de marchés publics défaillantes, d’accroître la transparence dans les marchés publics en accélérant la digitalisation de la commande publique, d’assurer la mise en application de l’arrêté sur les bénéficiaires effectifs des marchés publics, et de rendre effectives les sanctions prévues par les textes pour les acteurs concernés.

Togo/ Le crédit d’impôt et les réformes fiscales au service de l’investissement et de l’inclusion

Le crédit d’impôt est un avantage fiscal qui permet aux entreprises de réduire directement le montant de l’impôt qu’elles doivent payer. À travers la nouvelle loi de finances, le gouvernement en fait un outil central pour encourager l’investissement, l’innovation et l’inclusion sociale. Cette orientation traduit la volonté des autorités de soutenir les entreprises tout en répondant à des enjeux sociaux importants.

Dans ce cadre, un crédit d’impôt non remboursable de 120 000 francs CFA par salarié et par an est instauré pour les entreprises qui recrutent des personnes en situation de handicap. La loi précise que le contrat doit durer au moins douze mois. Cette mesure vise à favoriser l’emploi inclusif, à réduire les inégalités sur le marché du travail et à encourager les entreprises à jouer un rôle actif dans l’intégration sociale.

La loi de finances 2026 introduit également des changements majeurs dans le domaine des marchés publics. L’objectif est de renforcer la transparence et de faciliter l’accès à la commande publique, en particulier pour les jeunes et les femmes entrepreneurs. Désormais, l’enregistrement des marchés qui leur sont réservés est simplifié, avec un paiement des droits d’enregistrement différé jusqu’au versement de l’avance de démarrage ou du premier acompte.

Cette réforme, combinée à la digitalisation progressive des appels d’offres, limite les pratiques opaques et ouvre davantage les marchés publics aux petites et moyennes entreprises nationales. Longtemps désavantagées face aux grands groupes, ces PME peuvent désormais mieux se positionner et contribuer activement au développement économique du pays.

Par ailleurs, des ajustements sont apportés aux droits perçus par le service de la conservation de la propriété foncière. Les droits de photocopie et de certificat de document sont fixés à 1 000 francs CFA par page, tandis que le droit d’état descriptif et de renseignement s’élève à 10 000 francs CFA. Un droit fixe est également appliqué à certaines opérations foncières non soumises au droit proportionnel. Ces mesures visent à clarifier les coûts et à améliorer l’accès aux services fonciers pour les citoyens et les entreprises.

Dans l’ensemble, ces réformes fiscales et administratives traduisent une volonté de moderniser la gouvernance économique, de soutenir l’initiative privée et de créer un environnement plus équitable et plus favorable au développement du Togo.