Bénin/ Prestation de serment du président Romuald Wadagni : 12 coups de canon seront tirés

Le Bénin vit ce dimanche 24 mai 2026 un moment historique avec la prestation de serment du nouveau président, Romuald Wadagni. La cérémonie officielle se déroule au Palais des Congrès de Cotonou en présence de plusieurs personnalités politiques, diplomatiques et invités venus de divers pays africains.

Pour marquer cette investiture, 12 coups de canon seront tirés conformément au nouveau protocole adopté par les autorités béninoises. Un choix symbolique qui représente les 12 départements du pays et qui remplace désormais la traditionnelle salve de 21 coups de canon.

Cette cérémonie ouvre une nouvelle page politique au Bénin après la fin des deux mandats du président Patrice Talon.

Bénin / Patrice Talon sera bel et bien au Sénat

Patrice Talon, le président sortant du Bénin, ne prendra pas sa retraite politique de sitôt.

Celui qui sera très bientôt appelé ancien président a laissé entendre qu’il va respecter les dispositions de la nouvelle Constitution béninoise.

Dans un entretien accordé à une chaîne béninoise, Patrice Talon dit clairement ce qui suit : « Notre Constitution prescrit désormais que tous les anciens présidents, tous les anciens présidents de l’Assemblée, tous les présidents de la Cour constitutionnelle siègent dans un conseil des sages. Je ne vais pas me dérober à cela et ce n’est pas de ma nature d’ailleurs. Tout va être de savoir quel sera le rôle global de ce conseil des sages… »

Pour lui, le Sénat qui va réunir tous ces anciens présidents sera une chambre de conseil et d’apaisement.

À la question de savoir s’il sera le président du Sénat, Patrice Talon a fait parler son humilité en disant qu’il y a des aînés expérimentés qui ont joué leur rôle au Bénin à qui cette place pourrait indiscutablement revenir.

Pour lui, l’essentiel est d’apporter sa sagesse, sa prière, sa protection à un peuple, à un pays qu’on a servi et qu’on a aimé.

Bénin : la révision constitutionnelle suscite débat et inquiétudes

Au Bénin, la proposition de révision de la Constitution, introduite fin octobre 2025 par deux députés de la majorité, continue de provoquer des réactions contrastées. Portée par des élus proches du président Patrice Talon, l’initiative vise notamment à créer un Sénat et à revoir certains équilibres institutionnels. Ses promoteurs estiment qu’il s’agit d’une évolution nécessaire pour renforcer la gouvernance, garantir la stabilité politique et assurer une meilleure représentation des différentes sensibilités du pays. Le texte a été soumis à l’Assemblée nationale le 3 novembre 2025 et examiné par la Commission des lois, première étape avant un éventuel vote en séance plénière.

Cependant, plusieurs voix de l’opposition et de la société civile expriment de fortes réserves. Elles dénoncent une démarche conduite sans véritable débat national et craignent une modification profonde de l’équilibre des pouvoirs. Selon ces critiques, la réforme pourrait ouvrir la voie à une concentration accrue du pouvoir entre les mains du chef de l’État et de son entourage, au détriment du pluralisme politique. Certains observateurs vont jusqu’à y voir une stratégie visant à prolonger l’influence présidentielle au-delà du mandat en cours, malgré les engagements antérieurs de Patrice Talon à ne pas briguer un troisième mandat.

Sur le plan politique, les débats autour de cette révision mettent en lumière la polarisation croissante de la classe politique béninoise. Alors que la majorité parlementaire insiste sur la nécessité de moderniser les institutions, l’opposition redoute une « dérive institutionnelle ». Les partisans du texte soulignent que la création d’un Sénat renforcerait la réflexion législative et offrirait un cadre de stabilité. Ses détracteurs, eux, estiment qu’elle alourdirait inutilement les charges publiques et fragiliserait la démocratie représentative.

Enfin, le silence relatif des grands médias internationaux sur cette réforme intrigue certains observateurs. Pour eux, cette discrétion contraste avec la réactivité habituellement observée face à d’autres révisions constitutionnelles en Afrique. Quelle qu’en soit l’issue, le débat actuel souligne les tensions entre stabilité institutionnelle et respect des principes démocratiques. Le Bénin, longtemps cité comme modèle démocratique dans la région, traverse ainsi une étape décisive de sa vie politique.