Iran / Un nouvel Ayatollah pour continuer la lutte

Quelques heures après la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, l’Iran a choisi un nouvel Ayatollah pour continuer la lutte. Il s’agit de Alireza Arafi. Qui est-il réellement ?

Alireza Arafi est né en 1959 à Meybod, dans la province de Yazd. Issu d’une famille religieuse, il s’est très tôt orienté vers les études islamiques dans les séminaires de Qom, centre majeur du chiisme en Iran. Il y a étudié la jurisprudence islamique, la théologie et la philosophie avant d’obtenir le rang d’Ayatollah, un titre réservé aux grands savants religieux capables d’interpréter la loi islamique.

Au fil des années, il s’est imposé comme une figure importante du clergé iranien. Il a dirigé l’Université internationale Al-Mustafa entre 2008 et 2018, une institution qui accueille des étudiants venus de plusieurs pays. Depuis 2016, il est à la tête des séminaires religieux d’Iran et il occupe aussi la fonction d’imam de la prière du vendredi à Qom, un poste très respecté dans le pays.

Sur le plan institutionnel, Alireza Arafi est membre du Conseil des Gardiens depuis 2019 et siège également à l’Assemblée des Experts, l’organe chargé de désigner le Guide suprême. Après la disparition de Ali Khamenei, il a été désigné pour participer au conseil intérimaire qui assure la continuité du pouvoir.

Dans un contexte de tensions internes et internationales, il apparaît désormais comme l’une des figures centrales appelées à maintenir la stabilité du régime iranien.

Les procès des anciens dirigeants au Gabon menacent-ils l’alternance politique en Afrique ?

Les procès publics des proches de l’ancien pouvoir au Gabon, notamment ceux impliquant des figures de l’administration de l’ex-président Ali Bongo, soulèvent une question cruciale pour l’avenir politique du pays et de l’Afrique en général. Si ces actions visent à faire justice et à exposer les abus du passé, elles risquent aussi de nuire au processus démocratique en renforçant la peur de l’alternance et en incitant les dirigeants actuels à se maintenir au pouvoir à tout prix.

Les procès qui se déroulent actuellement au Gabon, où plusieurs anciens alliés de l’ex-président Bongo sont accusés de corruption et de détournement de fonds, sont parfois perçus comme une manière pour le régime actuel de marquer son autorité. Mais en réalité, ces procès peuvent devenir des instruments de répression et de rétribution plutôt que des symboles de justice et de réconciliation. En exposant publiquement les erreurs du passé, on risque de créer un précédent dangereux où les dirigeants actuels pourraient percevoir la perte de pouvoir comme une menace directe à leur sécurité personnelle et à leur statut.

Cela peut entraîner un renforcement de la longévité des dirigeants au pouvoir, car ces derniers, craignant d’être jugés de manière similaire un jour, préfèrent se maintenir à tout prix. Ce phénomène pourrait rendre l’alternance politique encore plus difficile dans les pays africains, où la transition vers des démocraties stables est déjà un défi de taille. Lorsque les dirigeants croient que leur maintien au pouvoir est le seul moyen de se protéger, cela empêche la création d’institutions solides et la mise en place de mécanismes démocratiques.

De plus, ces procès publics peuvent facilement se transformer en un jeu de pouvoir, où les régimes en place les utilisent pour détourner l’attention des problèmes urgents comme la corruption systémique ou les inégalités sociales. Au lieu de favoriser une véritable justice, ces procès peuvent devenir un outil pour manipuler l’opinion publique et discréditer les opposants politiques. Ils risquent aussi de renforcer les divisions ethniques et politiques au sein du pays si l’on a l’impression que les accusations sont sélectives ou manipulées.

Finalement, ces procès risquent d’être contre-productifs pour la démocratie. Ils renforcent la peur et la méfiance entre les dirigeants et les citoyens, ce qui rend encore plus difficile la mise en place d’un système démocratique véritablement respectueux de l’alternance politique. Pour que les pays africains connaissent une véritable transition démocratique, il est essentiel de réformer les systèmes judiciaires afin qu’ils soient indépendants, impartiaux et qu’ils ne servent pas d’instruments politiques. La démocratie ne doit pas être réduite à des procès publics, mais à un processus où le pouvoir peut changer pacifiquement sans crainte de représailles.