La pensée d’Edem Kodjo ancien premier ministre du Togo est au cœur d’un colloque scientifique international ouvert ce 10 juin à l’Université de Lomé. Axée sur le thème « L’Afrique dans la géopolitique internationale : lumière sur la pensée d’Edem Kodjo », l’initiative est organisée par le Laboratoire d’Analyses des Mutations Politico-Juridiques, Économiques et Sociales (LAMPES).
À l’entame de son intervention, le directeur du LAMPES, Amewu Agbeko, a laissé entendre que cette rencontre répond à une convocation de l’esprit, à une exigence de la raison dialectique face aux soubresauts d’un monde en pleine reconfiguration. Pour lui, ce thème impose une hauteur d’esprit à la dimension de l’auteur convoqué, à la mesure de la densité et de la fécondité de son œuvre. « Nous sommes réunis pour scruter l’horizon à la lumière d’une œuvre dont l’éclat continue de guider nos pas et nos paradigmes. De l’œuvre de Kodjo, nous retenons deux thématiques, à savoir : l’Afrique comme sujet de l’histoire et le refus du fatalisme ; l’impératif unitaire et la nécessité d’une philosophie de l’action. Ces deux thématiques, qui s’inscrivent dans le tournant global des sciences humaines et sociales africaines contemporaines, cadrent avec l’orientation épistémologique du LAMPES. ».
Pour le président du comité scientifique du colloque, le ministre Nicoué Broohm, Edem Kodjo dresse un diagnostic lucide et global de l’état de l’Afrique contemporaine où les principaux enjeux et défis géopolitiques et géostratégiques sont cernés. Il attire cependant l’attention sur un principe fondamental : l’unité du continent, par-delà tous les aménagements techniques et les structures communes qu’on pourrait lui offrir, est d’abord et avant tout une affaire politique. Le choix de l’œuvre d’Edem Kodjo par le LAMPES s’inscrit dans une démarche d’appropriation et de partage du patrimoine intellectuel et stratégique laissé par les dignes fils et filles du continent.
Il faut rappeler que l’ouverture de ce colloque scientifique a également été marquée par l’intervention de l’un des fils d’Edem Kodjo, qui a retracé, dans le même sens que le LAMPES, les idéaux de son défunt père.
Ainsi, du 10 au 12 juin, plus de 30 universitaires et chercheurs de disciplines académiques et d’horizons divers vont croiser leurs analyses sur l’œuvre d’Edem Kodjo dans le cadre de différents ateliers et tables rondes portant sur plusieurs axes thématiques renvoyant tous aux enjeux politiques, géopolitiques et géostratégiques contemporains de l’Afrique.
Au cours de cette première journée, plusieurs communications ont meublé les assises, à savoir : « Idéal d’unité africaine et stratégies pragmatiques d’intégration : panafricanisme révolutionnaire ou institutionnel ? » ; « Cosmopolitisme, afropolitanisme et unité africaine à la lumière de la pensée d’Edem Kodjo » ; « Edem Kodjo, gouvernance parlementaire et souveraineté africaine : lecture institutionnelle d’un homme politique sous la Quatrième République togolaise » ; « Le paradigme du conflit dans la diplomatie africaine : apport d’Edem Kodjo » ; « Éducation et affirmation de l’identité africaine, de Julius Nyerere à Edem Kodjo ».

















